Peu de choses suffisent à expliquer ma démarche artistique :Je recherche la BEAUTE, qui n’est rien sans la BONTE, la grâce. La beauté dénuée du sentiment de bonté s’apparente à « la décoration »
La beauté se marie avec la bonté et j’appelle cela la DOUCEUR.
Je peins un ,personnage, un animal, une ville : Je me sens vivante, prise dans un flux qui me dépasse et m’indique à l’instant présent où ?, comment ?, quelle forme et quelle couleur ? poser là, sur le tableau. Pour qu’il soit beau.
Je ne cherche pas d’étiquette, de classification dans telle ou telle veine artistique.
Je voudrais que celui qui regarde la toile se sente vivant comme un enfant, de cette vie plus tonique et plus douce à la fois, stimulé par la couleur, le sentiment, l’humour ou l’étonnement…
Ce serait tellement merveilleux qu’après avoir observé la toile, l’onde de son regard transmette à ses neurones miroirs* une sensation telle qu’il ait envie de poser une pierre de plus à son édifice personnel et à celui du monde, et qu’il relève ses manches à cette fin.
Comme le nombre d’or, la douceur semble évidente, facile.
Mais comme le nombre d’or, sa maîtrise exige un immense travail. En cela aussi, elle est belle.
Elle n’échappe pas au doute, aux ruptures et aux pentes raides. La douceur est complexe
Je garde secrètes les batailles que j’ai livrées avec ma toile et mes couleurs pour que ce sourire, cette bonté profonde émanent d’une femme à robe rouge., pour que la marche tonique de cet éléphant transmette de la joie
La laideur vient d’emblée, la violence n’attend pas, les chocs de couleurs sortent spontanément des tubes… Restent les jours, les mois les années, la patience des gestes …
et la beauté survient.
Aujourd’hui, ni la beauté, ni la bonté ni la douceur ne sont appréciées dans l’art « officiel ». Du moins pas encore.
Nous restons en occident, et particulièrement en France, sur le terrain d’un art de la contestation, de la provocation, dont la morbidité outrepasse maintenant le nécessaire travail de mémoire des barbaries du XXème siècle.
J’en appelle aujourd’hui à la fonction la plus archaïque de l’œuvre d’art : Celle qui transmet la force ou la caractéristique évoquée sur le tableau : Un art où la statuette de maternité rend fécond…
Les modes et les tendances sont d’éternels cycles de recommencement
C’est pourquoi, plus que jamais la douceur est avant gardiste. (Là se situe du moins mon optimisme !)
Alors, aujourd’hui, à mon tour, je fais un rêve :Que mes tableaux puissent être contemplés longtemps, le plus largement possible, et qu’ils embellissent le monde !
C’est simple et très ambitieux à la fois.
Oui, c’est la vision que j’aurais pu avoir lorsque j’avais huit ans, gentille petite fille dans mon doux terroir de l’ouest, quand j’observais les animaux, les fleurs et les arbres, leurs formes parfaites.
Je choisissais la belle partie du cosmos. Eh bien, je le revendique, je n’ai guère changé.
Pourquoi des éléphants?
L'éléphant est souvent présent dans mes toiles. Je l'apprécie pour sa puissance, son ancrage à la terre et à l'eau. Le fait qu'il soit massif et fort, tout en étant herbivore et non prédateur, me convient bien,je crois.
Et puis quelle esthétique! Quelle richesse de gestes sociaux... Je ne peux m'empêcher de le trouver tellement humain, ce sacré éléphant. C'est pour cela que je le traîte comme un personnage dans mes tableaux.
MP Lascaux - Sur le chemin
Technique mixte, 40X40cm
Qui sont mes personnages?
En ce moment je peins la femme dans son côté lunaire, proche des cycles de la nature. Elle est à la fois intervenante, et en retrait par rapport à son projet. Acteur et observateur dans la toile.
Ce triptyque "Au-delà de mes espérances", inspiré du vilain petit canard, en est un bon exemple.
MP Lascaux - Au delà de mes espérances.
Triptyque, 3X40X80cm
Et les autres animaux?
En peignant des tortues et des escargots, c'est à la fonction la plus archaique de l'oeuvre d'Art que je fais appel : transmettre la force ou la caractéristique du sujet évoqué sur le tableau.
Les animaux sont mis en scène comme des totems: à force de la regarder et de s'en imprégner, la tortue nous apportera sa capacité d'auto-protection et nous apprendra à profiter de chaque étape du chemin, lentement... Le temps devient l'élément le plus précieux car le plus rare dans nos vies agitées.
C'est pourquoi je me ressource particulièrement en composant et en regardant des visuels qui m'évoquent une force de progression dans la lenteur.
J'aime aussi la fluidité harmonieuse des poissons, leur force humble et discrète, et qui représente le symbole des chrétiens de la première heure.
Tous mes tableaux en contiennent un, peint ou gravé dans la matière. Et petit ou grand, seul ou en nombre, il est toujours là.
